Après deux mois d’arrêt qui ont angoissé les professionnels du secteur, le marché de l’immobilier retrouve des couleurs. A Clermont-Ferrand, certains agents se disent même « surpris » de la vigueur avec laquelle les transactions ont repris.
En voie de guérison. Depuis le 11 mai, le marché immobilier se rétablit, après deux mois d’arrêt quasi total. Les visites ont repris. Les mandats de vente rentrent à nouveau et les acheteurs font des offres. Cerise sur le gâteau : les prix sont – pour l’instant – d’une grande stabilité. Rassurant, forcément.
Reprise
« Depuis le déconfinement, on a une reprise du nombre de rendez-vous, que ce soit pour acheter, louer ou vendre. Le marché va mieux, la reprise est modérée, les gens ne se ruent pas sur les biens mais il y a quand même un frémissement », observe Christian Dosmas, patron de l’agence EID Immobilier, présente à Beaumont et Aubière, et président de la FNAIM Auvergne (165 agences).
Les transactions engagées avant le 11 mai ont été finalisées
Près de 83 % des vendeurs comptent poursuivre leur projet de vente, selon un sondage du réseau Orpi paru en mai. Les acheteurs sont, eux, plus de 68 % à souhaiter continuer leurs recherches. De nouveaux clients sonnent aussi à la porte des agences. Résultat, les agendas sont remplis.
« J’étais inquiet de savoir comment la reprise allait se dérouler. Mais, sur la première semaine de déconfinement, on a vendu quatre appartements et une maison de bourg, on est plutôt content ! »PIERRE OLIVIER COLMICHE Gérant des agences Stéphane Plaza Immobilier à Clermont-Ferrand et Riom
Fini le temps où l’on visitait par simple curiosité…
Les clients qui avaient un projet immobilier en cours avant le confinement le concrétisent depuis le 11 mai, les professionnels travaillant à nouveau normalement.
« J’ai remarqué que toutes les affaires en cours ont été finalisées. » CHRISTIAN DOSMAS Président FNAIM Auvergne
Pendant les mois d’arrêt, les agences ont continué à échanger avec leurs clients grâce aux progrès de la digitalisation. Ce qui leur permet aujourd’hui de boucler des ventes. Faute de pouvoir donner des rendez-vous physiques, les professionnels de l’immobilier ont en effet multiplié les visites virtuelles en 3D, ou via un smartphone.
Dorénavant, les passages dans les logements viennent souvent confirmer l’intention d’achat ou de location. Fini le temps où l’on visitait par simple curiosité… « On demande aux gens de pratiquer des visites virtuelles de façon à réduire le nombre de visites. Aujourd’hui, aux clients qui disent : “Je veux visiter pour me rendre compte”, on leur dit : “Rendez-vous compte sur le net”. Parce que ça va dans le sens des la protection des vendeurs, des acquéreurs et de nos collaborateurs. Bref, on s’adapte », résume Christian Dosmas.
Ce regain d’activité est une bonne nouvelle pour les agences, tant le choc provoqué par le confinement a été rude.
« A la FNAIM, on anticipe une baisse du nombre de transactions de 30 à 40 % en 2020. Il faut dire qu’en 2019, on était sur des années record. Forcément, il y aura des incidences pour les agences qui ont le moins de trésorerie. »
Inquiétude sur l'avenir
Surtout, les professionnels s’interrogent sur l’avenir du marché, une fois passée la période de bouclage des ventes ajournées pendant le confinement. Et ils attendent avec anxiété la rentrée de septembre. « C’est vrai que les mesures gouvernementales ont beaucoup aidé, reconnaît Christian Dosmas. Pour le moment, ça va, il n’y a pas d’incidence pour nos agences. Il y a eu le chômage partiel, on a pu faire des emprunts garantis par le gouvernement. »
Durcissement par les banques des barèmes pour accorder des prêts. Les futurs acheteurs sont inquiets. Le marché immobilier se relève à peine et les taux de crédit immobilier augmentent depuis avril. « On a effectivement enregistré des hausses de taux en avril mais de façon légère : on est sur une augmentation de 0,2 %. Les taux restent encore très bas », rassure Céline Coquille, directrice du secteur Rhône-Alpes-Auvergne-Bourgogne pour Capfi, courtier en prêt immobilier. Même souci d’apaisement chez Flavie Legay, directrice de Meilleurtaux.com, à Clermont-Ferrand. « À Clermont-Ferrand, certaines banques ont augmenté leurs taux de 0,1 à 0,2 % en avril et ceux qui ne l’ont pas fait en avril le feront en mai. Mais l’impact est minime, on arrive encore à avoir de très beaux taux ! » Plus inquiétant et contre-productif pour relancer le marché, selon Céline Coquille, le récent durcissement par les banques des barèmes pour accorder des prêts. « Le haut conseil de stabilité financière recommande depuis avril de ne plus prêter sur plus de 25 ans et de limiter à 33 % le taux d’endettement des emprunteurs. Cela restreint la capacité d’octroi de prêts des banques, regrette la directrice de Capfi. On a demandé à ce que ça soit assoupli. » Les ménages les plus fragiles risquent de peiner à accéder à la propriété faute de crédit.
Date de mise à jour : 22/03/23
Date de création : 05/06/20
Source : Nicolas FAUCON